Les députés ivoiriens affichent une unité parfaite à l’ouverture des travaux parlementaires de fin d’année. Réunis en séance plénière le mercredi 21 octobre 2026, les parlementaires ont adopté à l’unanimité le calendrier de la deuxième session ordinaire de l’année. Ce programme législatif, qui s’étend jusqu’au 31 décembre 2026, s’annonce particulièrement dense avec l’examen de treize projets de loi, comprenant cinq projets de loi ordinaires et huit textes portant ratification d’ordonnances, en plus de trois séances d’information parlementaire.
Au-delà de l’agenda gouvernemental, l’initiative parlementaire s’avère foisonnante. Le Président de l’Assemblée nationale, Patrick Achi, a formellement informé l’hémicycle de la réception de cinq propositions de loi, actuellement soumises à une évaluation de recevabilité législative et financière. La première initiative, portée par le député Adja Alain François, cible directement la gestion des villes à travers des mesures sur l’aménagement urbain concerté, la prévention des risques, la protection des populations affectées, la résorption de l’habitat précaire et le développement du logement social.
Le groupe parlementaire PDCI-RDA, par la voix du député Blessy Jean-Chrysostome, a introduit les quatre autres propositions de loi. Ce bloc de textes propose une refonte profonde du cadre électoral ivoirien, incluant une loi organique sur le statut et le fonctionnement du dispositif national de contrôle des élections, une modification du Code électoral, ainsi qu’une loi organique dédiée à une juridiction électorale spéciale indépendante. Sur le plan environnemental et économique, ce groupe parlementaire propose également une interdiction stricte de l’orpaillage artisanal en Côte d’Ivoire.
L’actualité sociale et la question sensible des déguerpissements occupent également une place centrale en ce début de session. En vertu de l’article 120 du Règlement de l’Assemblée nationale, le député Blessy Jean-Chrysostome a introduit une demande de question orale avec débat. Cette interpellation exige du Gouvernement un bilan clair sur les déguerpissements et le respect des promesses de recasement, d’indemnisation et d’accompagnement social annoncées en faveur des personnes affectées au cours des années 2024 et 2025. Dans la même dynamique, la députée Adjaratou Traoré a formulé une demande de question orale avec débat centrée sur les opérations de déguerpissement survenues spécifiquement à Koumassi-Campement le 3 juin 2026.
Face à l’ampleur des défis législatifs et des attentes citoyennes, le Président Patrick Achi a clos la séance en invitant fermement l’ensemble des députés à prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir une participation active et rigoureuse tout au long de cette deuxième session ordinaire.
Léon SAKI