Le Parlement européen a décerné jeudi son prix Sakharov 2026, récompense honorant le combat pour la démocratie et la liberté de pensée, à la Cour pénale internationale (CPI).
Le Parlement européen a décerné, le jeudi 22 octobre 2026, son prestigieux prix Sakharov pour la liberté de pensée à la Cour pénale internationale (CPI). Ce choix fort de l’hémicycle européen, largement soutenu par une grande majorité de députés, résonne de manière cruciale avec l’actualité internationale récente. En récompensant cette institution, les eurodéputés ont souhaité envoyer un signal politique majeur face aux nouvelles vagues d’attaques et de pressions orchestrées par l’administration américaine dirigée par Donald Trump contre ce pilier central de l’ordre juridique mondial.
Ce prix intervient à un moment où la cour de La Haye est confrontée à des défis sans précédent. En exprimant sa gratitude envers le Parlement européen, la présidente de la CPI, la juge Tomoko Akane, a rappelé la fragilité et l’importance de l’institution dans le contexte géopolitique actuel. Dans la foulée, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a tenu à féliciter chaleureusement la Cour en l’assurant du soutien indéfectible de l’Union européenne. Elle a fermement souligné que la CPI doit impérativement pouvoir mener à bien sa mission en toute indépendance, à l’abri des pressions et des tentatives d’intimidations.
La tension est montée d’un cran le 9 octobre dernier, lorsque Washington a annoncé une nouvelle série de sanctions ciblant directement la CPI dans le but avoué de paralyser son fonctionnement quotidien. Cette offensive américaine est survenue seulement quelques heures après la remise du prix Nobel de la paix à l’une de ses anciennes juges, la Sud-Africaine Navi Pillay. Le président américain Donald Trump, estimant publiquement que cette distinction aurait dû lui revenir, a fustigé un choix qu’il juge honteux. Son secrétaire d’État, Marco Rubio, a renchéri en promettant de démanteler brique par brique la Cour de La Haye, qu’il a ouvertement qualifiée de tribunal voyou.
Face à cette hostilité, les voix européennes se mobilisent pour faire rempart. L’eurodéputée écologiste belge Saskia Bricmont a fait valoir que défendre cette juridiction face aux intimidations de Trump équivaut à défendre l’État de droit et les droits humains à l’échelle globale. Un constat partagé par Chloé Ridel, membre du groupe Socialistes et Démocrates (S&D) qui a porté cette candidature dès le premier jour, affirmant que l’Europe reste désormais le seul continent en position de soutenir activement la CPI. Cette protection européenne s’avère d’autant plus vitale que l’institution est dans le collimateur des grandes puissances depuis qu’elle a délivré des mandats d’arrêt historiques, notamment contre Vladimir Poutine en mars 2023, puis contre Benjamin Netanyahu en novembre 2024.
Léon SAKI – Source: AFP